reeditions

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L’apparition dans un ouvrage polémique d'un néologisme forgé pour désigner une société réactionnaire a le discrédit sur la notion même d’un gouvernement par les vieux. Depuis lors, il est devenu - du moins pour le lecteur des journaux du soir - notoire et quasi indiscutable que la vieillesse n’est capable de rien, surtout pas de gouverner, et que sa participation aux affaires est la promesse d'une ère de conservatisme imbécile et dangereux.
 
Pour parler cyniquement, puisque l'économie moderne ne saurait, après tout, le faire autrement, si un vieux perd une partie de son efficacité au travail, il est plus coûteux, pour la société, de le renvoyer chez lui que de compenser, par le travail d’un autre, ce qu’il n’a pas produit. Ce coût inutile compromet la rentabilité générale d’une nation. L’économie offre donc moins d’emplois. On voit apparaître un chômage contre lequel les gouvernements à courte vue ne trouvent pas de meilleure solution que de fabriquer des nouveaux retraités. Ça permet de tromper les statistiques, mais ça met le pays à genoux. D’où chômage, etc.
 
 Le marché des vieux est la promesse de percevoir beaucoup d'argent, public et privé, mais il faut prononcer quelques "sésame" sur le plan moral et politique avant d'accéder au coeur du dispositif.
 
Il est offensant pour l’esprit de laisser l’enfant interroger le dessin des feuilles mortes dans une cour d’école, pendant que son grand-père en fait autant, dans la même solitude, sous les arbres de sa maison de retraite. S’ils trouvaient l’occasion de le faire ensemble, sans doute comprendraient-ils davantage pourquoi les feuilles naissent et meurent. Chacun d’eux possède un élément de la réponse.
 
Balayons l'argument selon lequel les gens âgés qui ne peuvent plus suivre l'évolution des techniques devraient se contenter d' aller à la pêche.
 
Pendant trois ans, le docteur G., chirurgien, ancien interne des hôpitaux de Paris, au terme d'une longue carrière passée en banlieue parisienne, assiste impuissant à la dérive de son épouse vers un syndrome d'Alzheimer. La résurgence d'un cancer du sein finit par écourter la débâcle neurologique et la vieille dame se retrouve au service d'urgence d'un hôpital kafkaïen de la Banlieue où le couple est reçu par un médecin d'origine égyptienne.
 
Le troisième âge est un Tiers état, livre de Christian Combaz qui fait suite et donne un écho très actuel à son Eloge de l'âge publié à trente ans. Il en a soixante.
(Attachée de presse Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. document.getElementById('cloaka761288f67ebac16195744564a172851').innerHTML = ''; var prefix = 'ma' + 'il' + 'to'; var path = 'hr' + 'ef' + '='; var addya761288f67ebac16195744564a172851 = 'marine.decalbiac' + '@'; addya761288f67ebac16195744564a172851 = addya761288f67ebac16195744564a172851 + 'editionsducerf' + '.' + 'fr'; var addy_texta761288f67ebac16195744564a172851 = 'marine.decalbiac' + '@' + 'editionsducerf' + '.' + 'fr';document.getElementById('cloaka761288f67ebac16195744564a172851').innerHTML += ''+addy_texta761288f67ebac16195744564a172851+''; )
 
On connaît e fameux pari de Pascal, ce raisonnement que certains tiennent pour suspect d'étroitesse, et qui consistait à choisir, entre deux hypothèses, la plus avantageuse : croire en Dieu c'était risquer de perdre sa vie à force de vertu inutile, mais c'était avoir une chance de gagner la félicité éternelle.
Ne pas croire en Dieu, c'était jouir des biens terrestres de manière transitoire au mépris de la vertu, mais c'était aussi perdre la vie éternelle
 
 Il y a trente ans, j'ai illustré les mérites de cette vieillesse qui ne consomme pas, qui ne désire rien, qui considère tout avec une compassion distraite parce qu'elle s'apprête à changer de règne.
 
Qui alors ? La famille, la commune, le conseil général, mais les poches où finit cet argent sont toujours plus nombreuses: entreprises innovantes, architectes de la dépendance, stages d'ergonomie, colloques, matériel numérique, tablettes, services à la personne, services aux services, etc, le schéma de Ponzi de la Silver Economy est en route qui réunit fonds publics et privés, qui ponctionne les patrimoines et les successions, qui sert du 10% à ses actionnaires. Malheureusement comme dans tout schéma de Ponzi l'effondrement est à prévoir. Quand on constate l'augmentation des coûts de pension dans certains établissements, on devine que cela craque déjà.
 
Combien avez-vous vu de présentateurs de plus de soixante ans à la télévision et parmi ceux qui restent encore, combien n'ont pas les cheveux teints? Le directeur d'une station de radio orientée par vocation vers le public des retraités vient d'envoyer à ses animateurs une note de service que l'on m'a fait passer.
 
Les chômeurs coincés dans les sables mouvants avant l'âge légal de la retraite, et qui comptent sur le gouvernement pour leur lancer une corde, risquent de s'apercevoir qu'au bout de la corde il n'y a personne. Il n'est pas besoin de chercher longtemps, il suffit de consulter le site d'annonces de reclassement des agents contractuels du ministère des Affaires étrangères.
 
On peut parler d'une véritable bulle économique et financière qui s'est créée autour des années 80, mais la réalité présente est que le marché s'étiole
 
afin que vous économisiez pour vous payer un avocat-conseil, un professionnel
 
« Il y a de plus en plus de publicités que je ne comprends pas », me confiait, récemment, un homme de soixante-quinze ans devant la télévision.
La publicité qui le laissait perplexe faisait l’objet d’un reportage au journal télévisé, ce qui était déjà inhabituel. Son réalisateur s’appelait Antoine de Caunes.
 
 
"C'est le moment que choisit le président de la République pour annoncer que les salariés de plus de soixante ans pourront désormais partir en formation. Pendant une seconde nos compères se regardent pour vérifier s'ils ont bien entendu.
 
Le premier vecteur de l'offense aux vieux c'est cette façon démonstrative, insistante, dont les jeunes appliquent sous leur nez, dans leur salon, le contraire des préceptes qui ont régi leur propre éducation.
 
"Je comptais sur la vente de ma maison à un prix conforme à la moyenne du marché, pour augmenter mes ressources pendant ma retraite. Pour avoir laissé dévaster la zone qui l'entoure, dans la plus parfaite illégalité, puis couvert les irrégularités commises en ménageant des intérêts privés qui ne sont pas les miens, l'Etat m'aura privé du complément de retraite que j'escomptais. Je vais donc l'obliger à me le verser en tant que député."
 
Les vieux ont été élevés dans un monde où les mots avaient un sens. Il se réveillent dans un autre monde où ils ont un autre sens. Par exemple, tout ce qui a trait à l'origine géographique de la population qui les entoure, à sa religion, à l'égalité homme-femme devient un parcours du combattant sémantique dont la complexité croît sans cesse.