Après le dîner je m’en fus rôder dans les couloirs.

Je croisai des passagers ivres, des vieilles dames au sourire aigu, des gens endimanchés qui se croyaient aux Caraïbes. Malgré la légèreté de mon propre vêtement je grimpai jusqu’au pont supérieur d’où l’on voyait la proue du bateau fendre la nuit glacée dans le grondement régulier des moteurs. En contournant la cheminée principale je tombai sur une voiture blanche, apparemment neuve, qui luisait entre les chaloupes.

Au-delà, les rives aveugles défilaient à toute allure, hérissées de bouleaux, bordées de courtes plages de galets chargées de troncs morts : pas une lumière, pas un fanal sous les étoiles, rien que l’immensité plate d’une forêt humide et noire qui s’étendait jusqu’aux confins de la Chine.

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